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Entretien avec Loreleï Mirot, chargée des réseaux sociaux et du web pour la campagne des européenne du PS.

 

Loreleï, tu es chargée des réseaux sociaux et du web pour la campagne des européenne du PS, peux tu expliquer ta mission pour ses élections, les outils digitaux utilisés pour la campagne?

Ma mission consiste à mettre en avant la campagne et les candidats du Parti socialiste pour les élections européenne en communiquant par l’intermédiaire de tous les outils digitaux qui sont à ma portée c’est à dire le web et les réseaux sociaux. J’utilise aussi bien Vine (vidéos) que Instagram et Flickr (photos), Twitter et Facebook ou encore notre plate- forme Choisirnotreeurope.fr pour sensibiliser un maximum de personnes. Il y a différentes facettes dans mon activité. Je ne fais pas uniquement du militantisme. je diffuse aussi des messages pédagogiques concernant par exemple le rôle des institutions européennes ou l’enjeu des élections. De la même manière que nos candidats, je favorise une campagne de proximité et tente de répondre directement aux questions des internautes, de les impliquer également en les rendant visibles sur notre compte Twitter, de saluer leur travail sur le terrain ainsi que leurs initiatives parfois très originales.

Comment fonctionne cette campagne, PSE vous donne directive, ou le PS a peu de directive? Peux tu nous expliquer le processus de cette campagne en termes de communication?

Le Parti socialiste dispose de sa propre campagne de communication qu’il coordonne avec les événements et l’actualité des autres partis socialistes/sociaux-démocrates européens, notamment avec le SPD Allemand dont est issu notre candidat à la présidence de la Commission européenne Martin Schulz. Si le national prend des initiatives, il tient compte aussi de ce qui est fait (et de ce qui marche) chez ses voisins ! Par ailleurs, le PS tient à ne pas nationaliser cette campagne comme le fait par exemple le Front national, et souligne l’enjeu à dimension continentale de celle-ci en associant les autres partis à ses meetings et autres événements.

Penses tu que le web et les réseaux sociaux permettent réellement de changer la donne pour la campagne ? Quelles sont les opportunités ?

Choisir de ne miser uniquement sur le web et les réseaux sociaux pour une campagne conduit à l’échec. Une campagne ne se mène pas uniquement sur des espaces virtuels. Malgré les nouvelles possibilités offertes par les technologies, il convient de ne pas négliger l’essentiel : le terrain. Les candidats continuent à arpenter les marchés, les militants à coller des affiches et à tracter, dans l’objectif de rencontrer physiquement les citoyens, de provoquer un face à face et de cerner aux mieux les attentes, les interrogations, le ressenti. C’est d’autant plus

important du fait des perceptions péjoratives que suscitent parfois l’Union européenne et ses institutions : trop éloignées des préoccupations des citoyens, trop technocratique, trop complexe. Le déplacement sur le terrain des candidats confère un visage humain à l’UE. C’est aussi l’occasion pour ceux-ci d’insister sur les réalisations concrètes de l’UE. En revanche, nous exploitons un maximum le web et les réseaux sociaux pour faire de la pédagogie sur l’Europe via par exemple, l’utilisation d’infographies ou de vidéos, mais aussi pour faire connaître noscandidatsquisouffrentd’undéficitdenotoriétéàl’instar de nombreux eurodéputés (alors que leurs compétences sont reconnues). Les réseaux sociaux et le web permettent de créer une communauté que nous souhaitons agrandir au- delà des militants déjà acquis. Ils nous permettent d’articuler plus facilement l’échelle nationale avec l’échelon européen à travers les multiples interactions entre militants et partis issus des quatre coins de l’Europe.

Quelle est la stratégie du PS sur les réseaux sociaux pour ces élections Européennes?

Le Parti socialiste a choisi d’ouvrir un compte Twitter spécialement dédié à la campagne des européennes (@PS_ EP2014) ainsi qu’une page Facebook nationale (Choisir notre Europe). De même, chacune des circonscriptions disposent de sa propre page Facebook afin de rapprocher les électeurs de leurs candidats, diffuser de l’information locale, annoncer leurs propres événements et répondre aux préoccupations qui leur sont spécifiques (ex. la pêche et la croissance bleue dans l’Ouest, le tourisme dans les Outre-mer…).

Y-a-t-il un travail de fait lors de cette campagne pour qu’il y ait une uniformisation, une cohérence sur la communication digitale des différents partis au sein de PSE?

Nous communiquons entre partis socialistes/sociaux- démocrates issus de pays différents, notamment lors des préparations de meetings communs. Certains documents ou contenus sont également traduits dans différentes langues par les partis afin d’être accessibles aux autres. Chaque pays met en place sa propre stratégie de communication digitale au sein du PSE, mais nous attachons tous de l’importance à mettre en avant notre candidat commun à la présidence de la Commission européenne Martin Schulz. Et puisqu’il est Allemand, le SPD qui peut plus facilement suivre son activité se charge de diffuser l’information le concernant aux autres partis.

Quelles sont les différences entre les élections Européennes précédentes et celles-ci selon toi?

La différence majeure, c’est la possibilité nouvelle offerte aux citoyens d’influer sur le choix du futur Président qui prendra la tête de la Commission européenne grâce aux pouvoirs et à l’influence renforcés du Parlement européen. Voilà pour le côté positif, pour le négatif, je soulignerais la très forte poussée du populisme et des europhobes de nombreux pays européens et qui pourrait bloquer les avancées possibles dans l’Union.

On peut voir le désamour des Français vis à vis de l’Europe, penses-tu que le numérique et les réseaux sociaux pourraient permettre d’inverser la tendance? Si oui comment ? 

La tendance s’avère difficile à inverser par l’unique recours aux réseaux sociaux et au numérique. Il faudrait une mobilisation et une coordination entre différents acteurs et outils ; les politiques favorables à l’Europe qui sont les représentants du peuple doivent s’exprimer pour la défendre et les partis tenir une ligne claire sur la question. Les divergences d’opinions internes aux partis en ce qui concerne l’Europe rendent parfois leur orientation totalement floue sur le sujet : lorsque les français votent pour un parti lors des européennes, toute la transparence doit être faite sur les intentions et les ambitions de celui-ci pour l’Europe.

Je regrette le manque de mobilisation des médias français pour les européennes et plus généralement, le déficit d’informations concernant l’Europe et ses réalisations concrètes au quotidien , comme si elle n’existait qu’au moment des élections. Cela ne fait qu’accentuer la méconnaissance et la défiance des citoyens face à l’Europe.

Propos recueillis par Mickaël Burlot pour Point d’æncrage.

 

 

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