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les candidates pour Paris

La première est la digne héritière de son prédécesseur, la seconde a dû passer par une primaire très controversée. Quant aux deux dernières, l’une attend septembre pour annoncer ou non sa candidature, pour brouiller les pistes et l’autre désire créer un « rassemblement du centre » à Paris. Anne Hidalgo, Nathalie Kosciusko-Morizet, Marielle de Sarnez  sont candidates à la mairie de Paris. Rama Yade donnera sa réponse en septembre.

Cette élection n’est pas sans enjeux. Les élections municipales sont les élections qui intéressent le plus les Français après les présidentielles. La raison est simple : Le Maire est le représentant politique le plus proche des Français et compte pour beaucoup. Les partis ont tous un objectif dans cette élection. Le PS désire affirmer son leadership. L’UMP veut recréer une dynamique positive dans son parti qui a subi de nombreux couacs cette année. L’UDI, créé il y a un peu moins d’un an, a pour volonté de s’imposer dans le paysage politique durant leurs premières élections depuis sa création. Enfin, le MODEM a besoin de cette élection pour reprendre des couleurs suite à ses déboires aux élections précédentes.

Selon une étude CSA publiée en juillet par BFMTV, les Parisiens attendent de cette élection du changement pour : le logement (47%), le stationnement et circulation (42%) et la lutte contre la délinquance (39%). Des problématiques que les candidats doivent impérativement prendre en compte dans leur stratégie.

Ces quatre candidates (ou prétendues), ne sont pas moins celles des quatre principaux partis politiques français. Je vais décrypter la stratégie de chacune des candidates qui se présente dans notre chère capitale.

Nous pouvons déjà remarquer des stratégies différentes pour l’annonce de leur candidature. Anne Hidalgo a commencé très tôt en l’annonçant en septembre 2012, quand Nathalie Kosciusko-Morizet l’a quant à elle annoncée en février 2013, soit 4 mois avant les primaires de l’UMP. Marielle de Sarnez l’a annoncée en mars, Rama Yade, étant maman depuis peu, n’a pas encore exprimé sa volonté, indiquant attendre septembre pour le dire. Une stratégie qui peut devenir très astucieuse et renverser l’ordre établi.

Pour rendre les articles plus agréables à lire, je vais scinder ces quatre portraits en trois articles: le premier pour Anne Hidalgo, le deuxième pour Rama Yade et de Sarnez (les représentants du centre), et le troisième, pour Nathalie Kosciusko-Morizet.

Marielle de Sarnez

en tête du site de Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez commence très tôt la politique pour soutenir l’élection présidentielle de Valéry Giscard D’estaing en 1974, par la création des jeunes giscardiens. Après un rôle très actif auprès des acteurs principaux de l’UDF, elle est nommée directrice du cabinet de François Bayrou au sein du ministère de l’éducation nationale entre 1993 et 1997. C’est grâce à ce poste qu’elle se rapprochera de François Bayrou et qu’elle créera avec lui le MODEM en 2007. Ce même parti qu’elle dirige avec une main de fer, c’est précisément ce qui est apprécié chez elle, selon les militants. Cela l’a conduite parfois à faire des erreurs mais on peut mettre à son crédit la persévérance et la ténacité qui ont permis la création du Modem.

Or, cette efficacité a été jusqu’à présent contrebalancée par une communication incohérente. François Bayrou s’appuie désormais depuis longtemps sur l’image d’Henri IV, sorte d’image anté-gaullienne du rassemblement. Malgré son ancienneté, elle semble ne pas avoir perdu de son efficacité. Pour Marielle de Sarnez, c’est beaucoup moins clair.

© BORIS HORVAT – AFP

Autre point noir pour les municipales de l’année prochaine : son déficit de notoriété qui a pesé sur la campagne des municipales précédentes. Dans ces cas-là, de Sarnez sortait une communication sans la moindre subtilité et stratégie : une gestuelle exaltée et un visage illuminé qui la rapprochent de Soeur Sourire, tant elle joint le discours d’ouverture du Modem. Sur les affiches de campagne, le portrait de Marielle prenait le pas sur le programme. De plus en plus, son image se dissociait de son projet, de ses valeurs et le discours sonnait creux. Il faut impérativement faire entendre clairement la position du Modem. Marielle de Sarnez  devra pour cette élection adopter une communication plus en accord avec ses positions et celle du parti.

Cette communication défaillante peut s’expliquer par le fait que les ressources à la disposition des femmes demeurent moins nombreuses que celles des hommes et des deux grands partis politiques français, seulement, cela n’excuse pas tout.

Concernant sa stratégie médiatique, Marielle de Sarnez est présente sur les médias, mais peine toujours à se faire entendre, comme pour les élections précédentes. Elle a cependant beaucoup travaillé ses interviews pour Paris 2014. En effet, exit les bras gesticulants. Ils sont maintenant posés et appuient le discours de la candidate à paris. Des propositions sont présentes dans son discours, avec une bonne gestion du rythme Un grand travail de media training a été fait pour rendre les discours et les idées de la candidate du MODEM plus compréhensibles. On lui reprochait d’avoir une communication trop éloignée de ce qu’elle est réellement, c’est moins vrai maintenant.

Son style diffère vraiment des deux grandes candidates à la mairie de Paris. Contrairement à Anne Hidalgo, de Sarnez se base sur le changement avec des réformes phares, comme la suppression du département Paris, en Grand Paris. Elle propose également un rassemblement au centre avec l’UDI. Déjà pour s’affirmer comme le parti du centre, mais également pour éviter que son électorat se dirige vers le nouveau parti du centre de Jean Louis Borloo.

La stratégie digitale de la candidate centriste est bien moins développée que celles des deux grandes candidates pour Paris. Avec un compte Twitter créé en juin avec 28 Tweets et 1 417 abonnés, elle est très loin face à une NKM à 2 857 tweets et 244 331 abonnés, ou encore à Anne Hidalgo ayant 9 593 tweets et 91 804 abonnés à son actif.

capture du tumblr de Marielle de Sarnez

Son site a également une vraie carence en ergonomie et pertinence. Son site est hébergé sur Tumblr. Cela aurait pu être intéressant si son site avait utilisé les avantages de la plateforme de blog, à l’image du blog de l’Elysée, mais ce n’est absolument pas le cas. Nous faisons face à un site fantôme avec peu d’articles, mais surtout avec aucune interactivité. Il n’y a également aucune réforme ou proposition présente sur son site. La rubrique « portrait » reprend simplement une interview que la candidate a donnée à France Info peu digeste, il faut l’avouer.  Sa rubrique « équipe » présente les personnes qui l’accompagneront pour la mairie de Paris avec une citation pour chaque personne de son équipe. Les photos ne sont pas toutes sur le même format (ce qui aurait donné une cohérence à son site,) et nous y apprenons, à vrai dire, peu de choses.

Un onglet aurait pu paraître original et créer une vraie valeur ajoutée, mais ce n’est pas le cas. Cet onglet appelé « clin d’œil » montre les coups de cœur de l’équipe de campagne dans des lieux dans Paris. Cette initiative aurait pu être intéressante en donnant une proximité avec le lecteur et en créant une complicité entre l’équipe de campagne et le lecteur. Il aurait également pu créer un effet « behind the scene ». Au lieu de cela, nous avons seulement trois lieux (deux rues et un restaurant), qui nous sont présentés et qui nous évoquent pas grand chose. Enfin la rubrique « VOUS VOULEZ PARTAGER VOS IDÉES POUR PARIS ? » est un simple formulaire de contact qui permet d’envoyer un mail à l’équipe de campagne de la candidate du MODEM à la mairie de Paris. Dommage. Cet onglet aurait pu faire la différence en montrant que l’avis des parisiens compte, à l’image du site de Anne Hidalgo. Ce n’est malheureusement pas le cas.  Il y a un vrai travail à faire sur son site, tant sur le fond, que la forme.

Nous voyons un vrai contraste communicationnellement parlant entre les grands partis tels que l’UMP ou le PS et le MODEM. Les moyens ne sont pas mis en place pour donner toutes ses chances à leur candidate. Une stratégie digitale plus développée, accompagnée par une action « coup de poing » dans Paris, auprès des parisiens, pourrait déjà permettre à la candidate de gagner en notoriété et en poids dans l’élection. Pourquoi ne pas lancer des débats sur des sujets attendus par les Parisiens. Cela permettrait d’obliger les autres candidates à sortir de leur discours et de faire la différence. En tout cas, une vraie réflexion au sein de son équipe s’impose, afin que la candidate rattrape son retard.

Rama Yade

©Franck Fife – AFP

Je vais maintenant parler de la (possible) candidate de l’UDI, Rama Yade. Beaucoup diront, oui ce ne se fera pas, Christian Saint-Etienne a déjà été choisi comme candidat en tête de liste pour Paris. Ce choix n’est pour moi, pas irréversible. Sa candidature a fait beaucoup de bruit médiatique pour deux raisons. La première est le fait que l’ensemble du conseil de l’UDI à Paris n’ait pas été d’accord à l’unanimité de ce choix. La seconde, parce que l’ancienne ministre sous Sarkozy a annoncé qu’elle donnerait sa décision définitive en septembre, en raison de son nouveau rôle de maman.  Le  président du groupe, Yves Pozzo di Borgo, sa vice-présidente Geneviève Bertrand et sa secrétaire générale Catherine Bruno ont annoncé que la commission nationale d’investiture respectait « la réflexion de Rama Yade concernant une éventuelle candidature » et ont rajouté que « la commission nationale d’investiture de l’UDI n’avait pas encore désigné de candidat. »

Les médias se posent toujours la question de sa candidature et ce n’est pas l’intéressée qui va les aider. Cette dernière joue sur les subtilités de ses interviews et sur son silence. Depuis le début, Rama Yade n’a jamais réellement annoncé sa volonté de se présenter pour Paris, sans pour autant le nier. Une stratégie qui peut porter ses fruits si Christian Saint-Etienne ne s’affirme pas au sein de l’UDI d’ici septembre. De plus, la candidature de cet économiste ne permettrait pas à l’UDI de s’affirmer comme un nouveau grand parti, parce que ce dernier manque cruellement de notoriété. Problème que Rama Yade n’a pas, en y bénéficiant largement avec un passé de ministre. Même en commençant sa campagne en septembre, la candidate aura déjà plus d’avance chez les parisiens que l’actuel désigné.

Elle pourrait, grâce à cette méthode, arriver en force en septembre avec une pleine légitimité pour représenter le parti de Jean Louis Borloo à Paris. Le problème majeur de Yade est le fait que l’UDI ait déjà fait son choix et que le parti puisse refuser de changer de candidat.

Rama Yade n’a pas manqué d’afficher ses ambitions en juillet en n’hésitant pas à intervenir dans les médias 3 jours après l’annonce du choix de Christian Saint-Etienne pour Paris par l’UDI. L’ex-ministre l’a alors critiqué ouvertement en dénonçant les faibles chances du candidat choisi. Sans omettre de dire qu’elle n’avait toujours pas pris de décision définitive. Dans ce flou total, quel sera finalement le choix de l’UDI ? Le parti maintiendra son candidat, ou préférera quelqu’un qui a déjà eu un destin national? Le dernier choix serait le plus judicieux pour un parti qui attend beaucoup des élections municipales.

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