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© Capture d’écran

Depuis la victoire de François Hollande à la présidentielle, de grandes questions se posent sur son couple. Valérie Trierweiler et le nouveau président sont ensemble, mais pas mariés. Une première pour l’Elysée, qui eut toujours un nouveau président marié. Cette situation n’est pas une fin en soit, elle pose juste plus de difficulté à l’international, avec notamment le Vatican et les monarchies traditionnelles comme au Royaume Uni. Un autre problème est posé au sujet du métier de la première dame de France : journaliste. Une situation difficile pour un couple présidentiel d’autant plus qu’elle désire le continuer.

Pourquoi vouloir le garder ? Nous pouvons lire deux sens à cette volonté. Le premier qu’elle a donné était lors d’une interview sur France Inter où elle justifiait ce choix. Elle disait alors pour expliquer la raison de son désir de rester journaliste : « Mon métier est vital. J’ai mes enfants à charge. J’ai besoin de gagner ma vie. C’est une forme de normalité, pour employer un mot à la mode. » Ici elle parle aux françaises qui peuvent comprendre sa situation et son désir d’indépendance. Ce  choix peut être vu comme « féministe », mais elle rajoute un propos pour pouvoir parler à l’ensemble des français en indiquant que « Tout le monde » peut comprendre, dit-elle, qu’on ne veuille pas vivre aux frais de l’Etat ou de son mari. Ceci est une très bonne session du point de vue de la communication. Ici elle montre sa légitimité en tant que femme désirant continuer son travail. La phrase « mon métier est vital » montre l’importance de son travail du point de vue financier, mais aussi dans le sens où elle en a besoin pour être épanouie. Puis elle utilise un axe important de la communication de Hollande pour se justifier. Oui, notre président étant un président « normal », elle se doit de l’être aussi en gagnant sa vie comme tout le monde, même si, nous le verrons plus tard, ce n’est pas le cas. Enfin, le choix de dire « tout le monde peut comprendre » appelle au sentiment d’empathie, de compréhension voir de solidarité, comme a pu le faire son mari lors de sa campagne. Mais l’une des phrases  la plus forte est« vivre aux frais de l’Etat » qui finit par convaincre le plus grand nombre. Ici elle utilise un argument important aux yeux des français pendant cette période de crise.

Elle montre ici que si elle travaille toujours en tant que  journaliste, elle évitera de faire dépenser de l’argent aux contribuables, ce qui poussera ces derniers à accepter son désir de travailler. D’autant plus que son premier article en tant que première dame/ journaliste n’est pas anodin. Elle continuera à tenir une rubrique culture en tant que journaliste pour Paris Match, à raison de deux critiques de livre par mois. Plusieurs règles avaient été convenues avec son employeur dès la désignation de François Hollande comme candidat PS. Elles continueront d’être appliquées. La journaliste n’assiste pas aux conférences de rédaction et au bouclage. Mais la culture n’est-elle pas politique ? Choisir de chroniquer un livre, c’est certes une démarche journalistique, mais c’est aussi un choix politique.

Et on ne peut pas le nier avec son choix d’article. Son premier papier en tant que première dame de France a pour thème la biographie de Claude-Catherine Kiejman sur Eleanor Roosevelt, épouse de l’ancien président américain Franklin Roosevelt, qui avait poursuivi ses activités journalistiques. Et  dans ce texte, elle écrit en introduction : « Tiens donc ! Une first lady journaliste n’est pas une nouveauté. Evidemment, il faut regarder de l’autre côté de l’Atlantique pour trouver ce cas unique et ne pas hurler au scandale. » Elle écrit ce premier article sur une première dame qui fut dans la même situation qu’elle. Avec ce livre elle veut démontrer que ce n’est pas la première, ce qui lui permet de se justifier et de gagner en légitimité en tant que journaliste. Elle est d’ailleurs de plus en plus proche du comportement de cette première dame américaine, qui fut une first lady « rebelle », comme le montre le livre. Mme Trierweiler suit cette first lady suite aux derniers scandales qu’elle a créé.

C’était juste au lendemain de l’élection de François Hollande. Le quotidien Le Monde lui demandait comment elle concevait sa nouvelle place. « Première dame, c’est un second rôle, et je dois veiller à ce que ça le reste,  avait elle répondu. « Ma parole ne doit pas se substituer à celle du président, elle ne doit pas gêner la parole du président. » Elle ajoutait une phrase ultime qu’elle contredit un mois plus tard : « Je vais faire très attention sur les tweets, la portée de mes propos a changé. »

Elle songeait à fermer son compte. Mais le mardi 13 Juin elle tweeta un tweet d’encouragement à Falorni, candidat et adversaire face à Ségolène Royal à laquelle M. Hollande avait apporté son soutien publiquement la veille. Ce fut d’ailleurs le tweet ayant le plus de conséquence en France, avec une annonce de cette ampleur. Nous n’en savons pas assez pour en connaitre les conséquences totales, mais nous ne pouvons nier qu’elle se cherchait depuis ses débuts en tant que première dame. Lors de son interview sur France Inter, elle avait même dit qu’elle ne voulait pas qu’on l’appelle « première dame de France car elle trouvait cela « désuet », qu’elle désirait le renouveler. Ici cela signifie bien son désir de changement sur l’idée de la première dame de France, qu’elle voudrait sans doute plus moderne. Elle n’a pas pour autant renié les précédentes missions des dames de France, qui firent toujours le « bénévolat auprès des français »  en aidant la fondation Danielle Mitterrand.

Le deuxième sens à cette volonté de continuer le journalisme est son désir d’exister et de ne pas être seulement le faire-valoir du président. Car en étant journaliste, elle continue d’être ce qu’elle était avant. Elle a peut être aussi un désir de moderniser le concept de première dame de France et de montrer que la première dame de France n’est pas seulement cela.

Ce n’est que le début mais ses premiers pas en tant que première dame de France sont hésitants, mal pensés et parfois en désavantages pour notre nouveau président. Valérie Trierweiler se doit de trouver sa place et doit le faire vite, avant de créer de nouveaux conflits qui pourraient être bien plus lourds de conséquences. Ce Twitterweilergate aurait pu avoir pour but d’améliorer son image, pour montrer son désaccord envers l’injustice auprès des français, mais 69% ont désapprouvé sa décision.

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Une réflexion sur “Un président normal pour une première dame à scandale

  1. J’aime beaucoup votre blog sur la communication politique. Il se trouve que justement, nous sommes un petit groupe de 4 étudiants qui avons créé un blog sur le même sujet. Nous voulions mettre l’adresse de votre blog dans nos liens, et j’aimerais savoir si vous pouviez faire la même chose dans votre sens. Voici notre adresse : http://communicationpolitiqueaudrey12sdp.wordpress.com/. N’hésitez pas à le consulter. Merci d’avance de votre réponse.

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